Lorsque
les éléphants
Perdirent le tête un jour,
Qu'ils se mirent en colère
Contre leurs parents,
Lorsque la rage leur fit ignorer
Tantes et oncles,
Qu'ils traitèrent de traîtres
Et d'intrigants.
Lorsque les éléphants
Envoyèrent des déclarations de guerre,
Nommèrent des commandants
Et des adjudants
Pour préparer l'attaque,
Lorsqu'ils chassèrent
Leur famille du pays,
Brûlèrent leur drapeau,
Encerclèrent leurs maisons -
L'un d'entre eux dit-
C'était un petit
Qui s'appelait Heiner-:
"Hé! Je ne trouve pas ça très bien
Et même plutôt odieux,
Et infect en plus!"
Les autres dirent:
"Qu'est-ce que c'est?
Tu es beaucoup trop petit
Pour crier comme ça,
Cesse tes enfantillages
Et ne t'en mêle pas!"
Pourtant le petit
Dit: "Non!"
Comme, moi aussi, je risque de mourir,
La guerre me concerne, moi aussi.
Je n'ai pas besoin des maisons de mes cousines,
Je préfère jouer avec elles."
Et il parla jusqu'à ce que les éléphants
Soient de nouveau détendus,
Reconnaissent leurs fautes,
Et à leurs parents
Envoient des cadeaux
Accompagnés de leurs charmantes
Et galantes excuses,
Qui furent remises par des musiciens
Et des comédiens;
Si bien que les tantes et les oncles
Et tous les parents
Des éléphants
Avec des paroles
Tolérantes et accommodantes
Se rangèrent à la paix,
Brûlèrent leurs armes
Et dès ce moment ne s'adonnèrent
Plus qu'à des activités
Amusantes et élégantes.
Et naturellement tous vinrent
Féliciter le plus petit des éléphants,
Qu'ils nommèrent leur sauveur intrépide.
Pensez vous
Que tout ça
N'est qu'une plaisanterie,
Qu'on n'écoute pas les petits?
Peut-être.
Mais il faut essayer quand même! |