Martin Auer: L'Étrange guerre, Histoires pour l'éducation à la paix

   
 

L'esclave

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Traduit par Christian Lassalle

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Le rêveur
Le garçon bleu
Sur la planète des carottes
La peur
Encore la peur
Les étranges habitants de la planète Hortus
À l’arrivée des soldats
Les deux combattants
D'homme à homme
La grande guerre sur Mars
L'esclave
Les bons calculateurs
L'étrange guerre
Arobanai
Serpent étoilé
Les bouchons
Devant notre porte
Les deux prisonniers
La Justice
L’Argent
Histoire d'un bon roi
Rapport auprès du Conseil de l'Union des systèmes solaires
La bombe
Préface
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Un homme possédait un esclave. Celui-ci devait effectuer tous ses travaux. L'esclave lavait l'homme, le coiffait, lui découpait la nourriture et la lui enfournait dans la bouche. L'esclave lui écrivait ses lettres, nettoyait ses chaussures, raccommodait ses chaussettes, coupait son bois et le mettait dans le poêle. Quand l'homme se promenait et voyait des framboises, l'esclave devait les cueillir et les lui mettre dans la bouche. Pour que l'esclave ne prît pas la fuite, l'homme le tenait toujours attaché à une chaîne. Nuit et jour; il devait le tenir et le traîner ainsi partout avec lui, sinon l'esclave se serait enfui. Dans l'autre main l'homme tenait toujours un fouet. En effet quand l'esclave tirait sur sa chaîne, l'homme était obligé de le fouetter. Quand il avait mal aux bras et qu'il était épuisé d'avoir fouetté, il insultait l'esclave, la chaîne et la terre entière.

Parfois il rêvait en secret aux temps où il était encore jeune et où il n'avait pas d'esclave. En ce temps-là, il pouvait librement se balader dans les forêts et cueillir des framboises sans avoir à supporter cet incessant tiraillement sur la chaîne. Maintenant il ne pouvait même plus aller seul aux toilettes. Premièrement, parce que l'esclave en aurait profité pour s'échapper et, deuxièmement, qui lui aurait essuyé le derrière ? Il n'avait même plus de main libre pour ça.

Un jour tandis qu'il pestait contre tout, quelqu'un lui dit: "Mais si c'est si terrible, pourquoi ne rends-tu pas à ton esclave sa liberté?"

"Oui", dit l'homme, "Pour qu'il me tue!". Mais en secret l'homme rêvait de liberté.

Et l'esclave, lui, rêvait-il aussi de liberté? Non, à la liberté, il ne croyait plus depuis longtemps. Il ne rêvait que d'une chose: être lui-même le maître et mener l'homme attaché à la chaîne et le fouetter. Et aussi se faire essuyer le derrière. C'est à cela qu'il rêvait!

   
 

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